5 objections au logiciel libre
1. Le logiciel libre détourne l'attention des enjeux sociaux liés à l'informatisation du travail.
Le logiciel libre est à l'informatique ce que le développement durable est pour le développement. C'est-à-dire une manière de restreindre des enjeux sociaux cruciaux à des questions techniques, de portée plus limitée. Le logiciel libre s’oppose ainsi au logiciel payant.
Mais qui peut s’opposer à la fois au logiciel libre et au logiciel payant ? C’est-à-dire à l’informatisation à outrance du travail ? Au gigantisme des organisations de travail (multinationales et administrations) qui découle de cette informatisation ? A l’intensification du travail ? etc.
Etre responsable, défaire l'emprise de l'informatique sur le travail
2. Le logiciel libre fait croire à un capitalisme à visage humain.
Les partisans du logiciel libre n’ont de cesse de dénoncer les monopoles tels que celui de Microsoft. Mais ce faisant, ils ne font que préconiser une économie de prestations de service, à la place d’une économie de produits. On ne fait que passer d’un « business model » à un autre. On ne remet nullement en cause la puissance démesurée de l’industrie informatique, compte tenu de l’absence de contre-pouvoirs et de débats publics. Au contraire, on relance et on légitime la démesure informatique.
Le logiciel libre nous confirme donc dans notre impuissance face à cet « impensé informatique» (selon l’expression de Pascal Robert), où les seuls discours autorisés à son propos sont de l’ordre des « batailles » industrielles d’un côté, et de l’étroite spécialisation technique des professionnels de l'autre.
3. Le logiciel libre complète, plutôt que ne concurrence, le logiciel payant.
Par contre, avec le logiciel libre, les PME deviennent un marché accessible. La boucle est bouclée : les PME font pouvoir être reliées informatiquement aux multinationales, et suivre les mêmes modèles de gestion, de contrôle et d’intensification du travail.
4. Le logiciel libre diffuse le productivisme.
Bien loin de constituer une nouveauté radicale, l’infrastructure informatique donne corps à des doctrines managériales productivistes qui ont leur consistance historique, par ailleurs ajustées au contexte consumériste plus global de nos sociétés.
Le logiciel libre ne change rien à cela. Au contraire, il aggrave la situation en abusant du mot « libre » qui fait croire que l’informatique pourrait être quelque chose de subversif. Or, il n’en est rien. Le logiciel libre de fait qu’ôter quelques barrières économiques et juridiques qui pouvaient dans certains cas ralentir la diffusion de l’informatique.
5. Le logiciel libre fait croire en l’immatérialité de l’économie.
Le débat sur le logiciel libre est excessivement « technique », en cela qu’il est centré sur les aspects de l’informatique pure. On pense ainsi très mal l’informatique, car on raisonne toujours indépendamment des usages concrets.
Or, la diffusion de technologies de l’information et de la communication (TIC) ne fait qu’accélérer des échanges commerciaux qui se soldent par le transport de marchandises bien réelles.
La logistique moderne promet ainsi, par l’informatisation de la chaîne logistique, de produire et de diffuser les marchandises à la demande, à partir des données issues de l’emprise publicitaire et marketing. Cette logique de flux tendu informatisé, réservée à l’usage des consommateurs occidentaux, ne doit pas nous faire oublier les conséquences écologiques dramatiques sur l’environnement global. La production à la demande est concomitante avec celle de flux de marchandises trop petits pour le transport ferré, ce qui a pour conséquence l’accroissement phénoménal du trafic routier (responsable en Europe de 84 % des émissions de CO2 imputables aux transports).
Relocaliser l'économie, désinformatiser le travail
__
Vecam, association qui, tout à la fois, "s'est engagée à nourrir une réflexion prospective sur les enjeux sociétaux liés aux technologies de l’information" et "à mobiliser les technologies de l’information et de la communication au service de la transformation des sociétés contemporaines" accueille nos objections au logiciel libre... et des objections à ces objections :
http://www.vecam.org/article.php3?id_article=456

10 Comments:
5 objections à l'alphabetisation
1. L'alphabetisation détourne l'attention des enjeux sociaux liés au travail:
Apprendre à lire nous prépare à servir de rouage dans la nouvelle société de services. Soyons responsables, soyons analphabètes!
2. L'alphabetisation fait croire au développement personnel.
On prétend que l'alphabetisation nous donne les outils pour comprendre le monde, alors que en réalité elle permet à la pub de nous bourrer le crâne. Défendens-nous, soyons analphabètes!
3. L'aphabetisation complémente l'endoctrinement de masse, plutôt que de développer l'esprit critique.
On dit que l'alphabetisation permettra aux gens de se défendre de l'abrutissement de la société, mais en réalité on crée de parfaits petits bourges frustrés prêts à tout pour défendre leur bout de frommage rassis. Restons analphabètes, pour échapper à la médiocrité des jobs McDo!
4. L'alphabetisme diffuse le productivisme.
Pour le bonheur des innocents, brûlons tous les livres, et restons analphabètes!
5. L'alphabétisme fait croire en l'immatérialité de la culture.
Les livres d'histoire privent les conteurs de leur travail légitime. Brûlons les livres pour la sauvegarde de ces valeureux artisans!
Mais surtout, et en fin de compte, n'oublions pas que pour lire et écrire sur ce blog il fallait avoir des ordinateurs (dans mon cas tournant sous des logiciels libres: linux+firefox) et savoir lire et écrire.
Donc tout ce qui précède (billet plus commentaire) est automatiquement décredibilisé!
Comparer l'informatisation à l'alphabétisation pour défendre l'informatisation, voilà qui confirme l'hypothèse faite sur le forum Vecam : les partisans du logiciel libre ne parlent pas d'informatique et ne veulent pas en parler.
Deun
L'ennemi de l'homme n'est pas le travail mais la propriété.
L'informatique est un moyen de production (et aussi un moyen de création et
de divertissement), mais c'est aussi une remise en question, partielle, de la
propriété, pour plusieurs raisons :
- D'abord, la micro-informatique est facile d'accès (faisant parfois ressembler les informaticiens à des artisans plus qu'à des ingénieurs). C'est un moyen de production abordable financièrement, dont on peut disposer chez soit.
- Ensuite, la reproductibilité des programmes produits contredit la réalisation pratique de la propriété (le droit d'auteur n'est qu'un droit
moral, alors que la propriété nécessaire au commerce impose la non reproductibilité du produit pour qu'il devienne une marchandise, ce qu'il est
quasiment impossible d'empêcher techniquement).
Le mouvement des logiciels libres nie expressément le droit des producteurs à
restreindre la reproduction (et même, avec la GPLv3, à aider la mise en place
de tels systèmes). En d'autre termes, ce mouvement vise à empêcher les
programmes à devenir des marchandises. Certes cette entorse au commerce n'est
pas revendiquée par le mouvement du logiciel libre (bien au contraire, cette
communauté ne rate pas une occasion de s'en défendre), mais dans les faits la
contradiction entre commerce et propriété est belle et bien présente et ne
doit pas être sous-estimée.
A moins de croire sérieusement qu'il est possible de fonder une économie
marchande sur la base de produits dont on ne peut techniquement assurer la
propriété ; mais alors, il faut revoir nos classiques ...
Encore un présupposé : la propriété c'est vilain, être contre la propriété c'est radical.
Mouais.
La propriété ça apprend aussi à être responsable. Mais peut-on être responsable en revendiquant la liberté de diffusion d'outils dont on se moque par ailleurs de savoir à quoi ils servent ?
Un peu de gratuité n'est en rien contradictoire avec la création d'un marché pour internautes ne vivant que par leurs prothèses numériques. Encore faut-il qu'ils soient connectés préalablement. Le logiciel libre trouve toute sa "pertinence" dans l'accès, dans l'interropérabilité, bref partout où se joue la croissance des infrastructures numériques (qui fonctionne très classiquement avec des machines qu'on achète et qu'on possède, fonctionant avec de l'électricité qu'on achète aussi, et des serveurs pas virtuels du tout dans des pièces climatisées qui appartiennent aussi à des personnes, etc). C'est là que le libre prospère.
Pour les autres types de logiciel, c'est simplement un changement de modèle économique : on fabrique des usines à gaz gratuites impossible à faire fonctionner sans payer un expert ; bon bah on va payer l'expert, ça change un peu de payer le logiciel mais pas d'expert mais rien qui justifie qu'on nous rabatte les oreilles avec le libre.
Ensuite, qu'on ne vienne pas dire que l'espace accédé n'est pas marchand juste parce que la fabrication de cet espace n'est pas due à la pure mécanique marchande. Ca n'a jamais été le cas pour aucune infrastructure (routes, rail, électricité, etc).
Très bonnes les objections à l'alphabétisation, elles ne contredisent en rien les objections au logiciel libre.
Pourquoi cet article ?
Le logiciel libre c'est pourtant le comble du summum du travail collaboratif, de l'extension de la sphère de la gratuité (sous forme dématérialisée par-ce que c'est plus facile).
C'est un outil qui ne doit rien au capitalisme et qui n'a rien à voir avec lui, ce n'est pas un "modèle économique". Il y a certes quelques logiciels qui vont etre utilisés à des fins capitalistes, mais de toute façon le capitalismes est partout ...
C'est quoi cet article à charge contre le logiciel libre ?
Au mieux on dirait de l'ignorance inconsistante, sinon de la mauvaise foi, et au pire, une manoeuvre mesquine afin de syphonner les membres d'une cause pour les enrolller dans la sienne ammené comme primordiale.
Avec une argumentation à l'emporte pièce histoire de noyer le poisson et rendre le propos résilient à la critique par l'usage de tournure et suite argumentaire ubuesque.
1 :
- les logiciels libre ne s'oppose pas au logiciel payant mais au logiciel privateur. Enorme nuance partagé par la plupart des libristes de cette planete. qu'ils n'ont de cesse de rabacher.
pensé que le logiciel libre s'oppose au logiciel payant dénote d'une profonde ignorance sur la réelle cause que pourfand le monde du logiciel libre.
- le logiciel libre ne pense pas et ne revandique rien, ce sont les libristes à l'interieur qui le font. Le monde du logiciel libre est vaste, il a de grand courant et de grande tendance. mais effectivement, lutter contre l'informatisation du travail n'est pas son coeur de métier. ce que dit le monde du logiciel libre de prime abord, c'est : "quitte a faire des logiciels (process, code, algorithme), nous, on en veut des libres, pour nous est pour autrui, pour des raisons de salubrité publique et individuel, pour le salut des hommes face à eux meme et face aux machines".
- "Le logiciel libre détourne l'attention des enjeux sociaux liés à l'informatisation du travail " ? est ce à dire que les enjeux ammené par le monde du logiciel libre sont dérisoire et que ceux de la lutte contre l'informatisation du travail sont de la plus haute importance ?
La concurence à tout les étages, les cadances (intensification) et le manadgment coercitivo-déletaire n'ont pas attendu l'informatique pour se mettre en place.
la ou tu en voit la cause, j'y vois la conséquence ; c'est la concurence et les systeme de manadgment coercitif qui gènère une informatisation à outrance du travail pour arriver à leur fin.
- pareil pour le gigantisme des organisations de travail (multinationales et administrations) qui découlerai de cette informatisation ? - le gigantisme des organisations n'est pas concomitant à l'informatique récent, quid des gros empires, préindustrielle aussi bien étatique que commerciaux?
- pour sortir de l’informatisation à outrance du travai,il nous faut sortir du capitalisme, de la main invisible du marché, de la majoritocratie, de la séparation des taches, des procédés de subordination. et manque de pot pour toi, le logiciel libre participe à tout cela, sans que tu le voit apparament.
le logiciel libre ne veux pas parler d'informatique ? bien au contraire, mais pour cela il faut s'interessé à ce que disent les libristes au cas par cas, et quand ils luttes contre l'informatisation à outrance, cela passe généralement par d'autre luttes et d'autre étendard. j'en suis la preuve vivante.
Le monde du logiclel libre ne parle pas que d'informatique, mais de technologie, de code, d'algorithme, de système, qui ne sont pas necessairement issu de processeur et transite par electron. tout code est a liberer...
2. Le logiciel libre fait croire à un capitalisme à visage humain.
Non, le logiciel libre ne préconise aucune économie particulière. Il y a effectivement un certain nombre d'acteur dans ce milieu qui se tourne vers une economie de prestation de service mais c'est loin d'être la seul et bien malin celui qui peut prouver qu'elle soit dominante.
S'il y a une économie que le logiciel libre promeux tacitement, c'est l'economie de la contribution, qui va à l'encontre de l'economie de captation prédatrice, capitaliste et de mise en concurence frénétique des acteurs entre eux, et donc, ce faisant, réduit d'autant la pression au niveau du travail potentiellement.
"compte tenu de l’absence de contre-pouvoirs et de débats publics"c'est la faute au libriste ? tu t'es cru en défault de démocratie jsute aun niveau du débat de l'intencification du travail du à l'informatisation galopante ?
"On ne remet nullement en cause la puissance démesurée de l’industrie informatique" ... qu'en sait tu ? ils sont pourtant nombreux les libristes qui dénonce, outre les monopoles, marché captif, vente liée, obsolecense prog, segmentation, lobby,... les méfais de la surveillances de masse, du tracking individuel aussi bien à des fin politique, commercial que manadgeriale.... mais peut etre n'a tu pas regarder au bon endroi comme il t'arrange ? je sais pas ou tu as put te renseigné pour que cela t'echappe.
le logiciel libre n'a pas pour vocation à résoudre tout les problémes du monde.
Il n'y a pas d'impensé informatique en particulier tout bonnement parce qu'il n'y a pas de pensé tout court à l'heure actuelle. au sens qu'il y a une anomie généralisé, un cafarnaum de pensé et quelque pensé en haut lieu qui sont le transhumanisme, et autre.
3
- le logiciel libre est dont pour l'égalité, on est tout dans le meme bateau du coup, on en sortira ensemble ou on y restera. perso, cela me va pas mal.
- on appel cela la liberté, le camp d'en face (entreprenarial qui à une appétance pour les managements pyramidaux-coercitif) est libre de continuer à faire de la merde, ...
4 va falloir définir productivisme pour continuer à réflechir.
tu semble relier productivisme et consumérisme de façon très étroite, je serais curieux d'en savoir plus et decouvrir les bon vieux lieux commun fort utile pour réflechir de travers.
pour ce qui est du Logiciel libre en tant que telle de façon directee, il participe au fait que les gens n'ont pas a changer de hardware tout les 4 matin pour cause de mise a jour ou d'obsolecence, il contribue a avoir du matériel plus adapté a ses besoins plutot que des outils démessuré pour enfiler des perles. il contribu à anonymisé les citoyens afin de moins etre sous l'emprise de publicité ciblé et sappe ainsi un pan du consumérisme pubicitaire.
5 non, le débat sur le logiciel libre et un débat avant tout éthique et philosophique.
je te propose de parler d'usages concrets donc afin de mieux saisir ton propos.
"Or, la diffusion de technologies de l’information et de la communication (TIC) ne fait qu’accélérer des échanges commerciaux qui se soldent par le transport de marchandises bien réelles".
non, pas necessairement, en revanche dans le monde d'aujourd'hui, de captation, prédation, oui, en effet pour beaucoup.
n'est ce pas plutot des méfais plus a chercher entre "economie de marché néoliberal" vs economie planifier plutot que de détourner l'attention sur l'informatique galopante qui est un phénomène sur-jacent?
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